Reportage

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Morceaux Choisis

Morceaux choisis se déploie comme une pièce de théâtre. Une succession de tableaux où le scalpel dialogue avec le néon, et où la lumière crue éclaire d’un angle nouveau une sensualité bestiale. La mise en scène, proche du roman-photo, place le spectateur au plus près des personnages et l’invite à interroger ses propres fantasmes, sans échappatoire ni distance confortable. Sidonie est la femme du tripier. Lui, c’est Riton. Elle lui voue une dévotion totale, à l’homme comme à ses têtes de veau. Un amour trop vache pour ce cinquième quart. Sidonie trompe volontiers son mari, mais ce sont les chairs froides qui attirent son désir. Dans la chambre froide aux lueurs d’autopsie, elle s’offre un mano à mano avec ses veaux transis, ses morceaux choisis. Pattes blanchies, têtes fendues, tripes à l’air, cervelles décérébrées, regards exorbités, mandibules démantelées. Le décor est brut, frontal, sans fard. Sidonie s’y abandonne. Son rituel à elle, c’est le strip-tease devant ses veaux, afficionados silencieux, éblouis, ébahis, langues pendantes. Elle se vautre sur l’étal, se drape dans la chair de ses amants. Sidonie vibre. Sidonie flirte. Sidonie s’effeuille. Sidonie tranche. Sidonie joue. À travers Morceaux choisis, Frédéric Bourcier explore les frontières poreuses entre désir, chair et mise en scène. Le lieu de travail devient scène érotique, la viande devient partenaire, et le regard du spectateur est pris à témoin. Entre attraction et malaise, la série questionne la consommation des corps, la domination des pulsions et la part de théâtre qui se cache derrière chaque fantasme.

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