La Mobylette bleue
La mobylette bleue fut longtemps le véhicule de ceux qui n’avaient pas accès à la voiture. Objet modeste et populaire, elle incarnait une promesse de liberté simple : aller travailler, rejoindre un bal, traverser un village, s’émanciper à petite vitesse. Dans les années d’après-guerre, elle faisait partie du paysage quotidien et des traditions populaires, transmise comme un rite de passage, symbole d’autonomie et de mouvement. Dans cette série, Frédéric Bourcier détourne cet objet mythique de sa fonction première. La mobylette devient support de mise en scène, témoin d’un imaginaire collectif aujourd’hui en voie de disparition. Les mannequins prennent place sur ce véhicule chargé de mémoire. Ils ne remplacent pas les anciens corps, ils les évoquent. Ils prolongent le récit d’un usage disparu, celui d’un monde où l’on avançait autrement, où la lenteur faisait partie du voyage. La présence de ces figures introduit un décalage. Le mouvement promis par la mobylette se confronte à une autre temporalité, plus suspendue, presque cérémonielle. L’objet traverse les générations et change de statut : de moyen de locomotion, il devient signe, vestige, élément de patrimoine. À travers La mobylette bleue, Frédéric Bourcier interroge ce qui subsiste lorsque les pratiques s’effacent. Que reste-t-il d’un geste collectif une fois son usage disparu ? Comment un objet populaire peut-il devenir mémoire visuelle, support de projection et symbole d’une liberté passée ? La série propose une réflexion sur la transmission, la disparition progressive des traditions et la manière dont l’image peut en conserver la trace.
Kelly
Charline
Lisa
Elodie








